Les enjeux pastoraux de La Rosière

Le Domaine Skiable de La Rosière est un territoire d’appellation AOP Beaufort où vaches tarines, abondances et moutons pâturent tout l'été, en alpage. 
Tandis que l'hiver est consacré aux joies du ski, l'été laisse place au pâturage et à l'exploitation agricole.  
Ce partage du territoire permet ainsi une dynamique économique de la station et ce, toute l'année. 

Une cohabitation bénéfique pour le domaine

Le pastoralisme, à l'échelle du Domaine Skiable de La Rosière, sert un double objectif : 

  • Il permet aux éleveurs de disposer d’un vaste espace de pâturage pour leurs bêtes. Le territoire étant labéllisé AOP Beaufort, cela crée une vraie valeur ajoutée au produit laitier.  
  • Il permet d'entretenir le domaine skiable et de diminuer les risques naturels. En effet, l’herbe rase permet de retenir la neige alors que les herbes hautes favoriseraient les avalanches.

Les animaux jouent donc un rôle de "stabilisateur" du manteau neigeux.
De plus, ils entretiennent les milieux. Dans de nombreux espaces laissés à l’abandon, la forêt remonte. Or, les prairies d’alpage sont des milieux riches en biodiversité. Les milieux se referment et impactent la faune environnante. Le tétras-lyre, par exemple, est une espèce ayant besoin de milieux dits « en mosaïque » pour pouvoir réaliser son cycle de vie (cf. photo 2 ci-dessous illustrant le milieu en damier des Tétras-Lyre).

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Une concertation nécessaire entre les agriculteurs et le Domaine Skiable

Régulièrement, des conventions sont instaurées entre les agriculteurs et le Domaine Skiable afin que soit exercé, de façon éclairée, le droit d’exploitation et de circulation de chacun d'entre eux, sur les pistes 4x4.

L’été est d'ailleurs l’occasion pour le domaine de réaliser divers aménagements. Les agriculteurs sont alors consultés sur ces derniers pour que soient évités les dérangements entre les chantiers et le pâturage des animaux, tandis que les chantiers sont balisés pour éviter d’empiéter sur les prairies.

Lors de la construction de réseaux de neige de culture, des regards sont mis en place pour faciliter l’accès à l’eau pour les animaux.

C'est une fois que les chantiers sont terminés et les pistes façonnées, que les terrains sont revégétalisés.

Une politique de revégétalisation pour préserver notre territoire

En montagne, l’érosion est importante du fait des fortes pentes et de la circulation des eaux de pluies lors d’épisodes orageux. Ainsi, les sols perdent leur couverture végétale. Celle-ci étant déjà faible sur les pistes, par les travaux qu’elles engendrent, une politique de revégétalisation du domaine est mise en place depuis quelques années.

L'exemple ci-dessous montre le reverdissement de la piste Chamois
(Photo 1 : AVANT / Photo 2 : APRES)

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Photos illustrant un dactyle aggloméré de pelouse/ une pâture/ un pâturin des Alpes

En fonction du terrain, plusieurs techniques de revégétalisation sont alors instaurées :

  • Sur les terrains plats, un décompactage du sol en profondeur (laboure) est réalisé pour permettre une bonne implantation de la végétation.
  • Sur les terrains à fort relief ou avec un sol peu profond, l’apport de terre végétale est nécessaire.
  • Certains terrains nécessitent la plantation de semis et le choix d’une semence appropriée.
  • D’autres nécessitent uniquement un apport d’amendement (épandage de fumier). 
    Un partenariat a ainsi été créé entre l'Association de la Fumière de Montvalezan et le Domaine Skiable pour que ce dernier prenne en charge le fumier déposé dans la fumière, soit 750 m3 (centre de stockage) et ce, entièrement à ses frais.

Pour que la revégétalisation soit la plus efficace possible, il est important de bien choisir le type de graine à planter.
Le type de graine est déterminé par l’altitude de la zone, le milieu déjà présent (variétés locales) et son utilisation estivale. Il faut implanter des variétés de graines utiles pour la fauche et le pâturage tel que la fétuque rouge, le pâturin des alpes ou bien encore le dactyle, en-dessous de 2000m d'altitude.
En altitude, la végétation à plus de mal à prendre sa place. Il est alors préférable d’utiliser des graines dites "gazonnantes" type ray grassdactylefétuque.
Ci-après 3 ​photos illustrant : 1.un dactyle aggloméré de pelouse; 2.une pâture; 3.un pâturin des Alpes.

 

Comme vous pouvez le constater, ce territoire est un lieu de cohabitation de diverses activités.
L’activité pastorale permet à la fois d’entretenir les milieux en évitant les risques naturels et en maintenant/augmentant la biodiversité; et crée, dans un même temps, une ressource fromagère importante dans notre région.
L’activité du domaine skiable permet ainsi de moderniser les activités agricoles et bénéficie de l’entretien du domaine par les exploitants.